En conformité avec la convention-cadre « Université lieu de culture » qui replace l’enseignement supérieur au cœur de la politique de développement culturel de l’État et des collectivités territoriales, la thématique est abordée ici comme un service rendu dans la cité et sur les campus mais aussi comme une activité à part entière, complémentaire aux autres activités pédagogiques.

La diffusion des arts et des savoirs scientifiques est essentielle au devenir des jeunes pour les compétences spécifiques et l’ouverture d’esprit critique qu’elle leur apporte. Elle contribue à leur bien-être, à leur réussite et à leur insertion professionnelle.

Cependant de fortes inégalités demeurent dans l’accès de la communauté étudiante aux arts et à la culture. L’enquête 2020 identifie deux types de freins : matériels (manque d’argent et de temps) et personnels (manque d’intérêt, d’envie et timidité).

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Chiffres clés

  • 1 étudiant.e sur 10 a des sorties culturelles régulières (1 à 4 fois par mois) : cinéma, exposition, concert, spectacle vivant, conférence…
  • 24,6% vont à un événement culturel le font dans leur établissement : 76,5 % expriment leur satisfaction
  • 59,6% ne vont jamais à des événements culturels le font par manque de temps

Pour consulter l’ensemble des résultats de l’enquête de 2020 sur les conditions de vie étudiante, allez sur Vie Étudiante : Enquête et Diagnostic !

Éléments de contexte

Freins matériels et freins « symboliques »


L’aspect financier peut être un frein, auquel répondent différentes facilitations de l’accès à la culture (ex : Pass Culture pour les jeunes de 18-19 ans, tarifs négociés dans le cadre de partenariats, etc) et d’information. Mais les enquêtes démontrent qu’il n’existe pas de corrélation systématique entre le tarif des offres culturelles et le succès de fréquentation. C’est prioritairement sur le frein du temps et sur les freins personnels que les établissements s’accordent à porter l’essentiel de leurs efforts, avec pour conviction que le rôle de l’université en action culturelle n’est pas répondre à la demande mais bien de stimuler l’ouverture à des domaines moins connus.

Donner du temps à la culture malgré les contraintes

Le constat est unanime : la journée-type à l’université est de plus en plus resserrée, le temps extrascolaire de plus en plus réduit, les plages de «sanctuarisation» (jeudi après-midi) de plus en plus aléatoires, y compris dans les écoles. La pression exercée pour prioriser ses activités est plus forte. Or la culture est une activité libre fondée sur l’envie, d’un accès très inégal selon que l’on y a été initié ou pas. Positionner l’accès à la culture en tant que priorité, c’est se donner une chance de réduire ces inégalités.

Intégrer la culture dans l’emploi du temps universitaire apparaît comme un élément de réponse. Banaliser des temps dédiés à la culture, initier à la culture à travers des UE, valoriser (bonifier) l’engagement artistique… autant de pistes d’actions à approfondir, déjà proposées dans certains établissements. Pour autant, la culture ne doit pas être abordée uniquement sous l’angle académique, les enjeux de notation déviant de l’objectif premier qui est de susciter une expression libre, donner du désir.

Envie et intérêt avant tout


La densité des programmations, l’hétérogénéité des tarifs pour les jeunes complexifient l’accès à la culture. Un exemple éloquent : 24 festivals de cinéma organisés chaque année rien que pour la Ville de Toulouse ! La collectivité s’engage à uniformiser les tarifs, pour rendre plus lisibles les opportunités. Mais le tarif ne fait pas tout. À UT2J, la place à 5€ au théâtre Garonne ne génère pas encore une envie au sein de la communauté étudiante. À UT Capitole, l’Espace Culturel sélectionne une douzaine de spectacles par an, selon des critères artistiques et pédagogiques, dans des structures-partenaires. Préconiser des choix est une façon de donner des repères dans une offre pléthorique, et constitue un point de départ vers l’autonomie.

De grands événements fédérateurs en ville, comme le concert annuel de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse pour les étudiantes et étudiants, sont une manière de «marquer» culturellement une année universitaire. Les associations étudiantes, organisatrices de sorties et d’événements en collaboration avec les services universitaires, comme l’Agitée, organisatrice du Printemps étudiant, contribuent également à baliser un parcours.

Des innovations en termes de communication numérique comme le web-média d’UT2J, l’application Yoot ! du Crous de Montpellier, qui cumule les fonctions d’agenda et de billetterie, contribuent aussi à inscrire la culture au cœur des usages.

Enfin, l’offre artistique peut être rendue plus compréhensible, et de ce fait plus désirable si des médiations préparent la rencontre de l’étudiante et l’étudiant avec l’œuvre, comme cela se fait par exemple à l’Opéra de Toulouse via le pôle culture d’UT3.

Les résidences artistiques offrent un cadre privilégié pour la médiation d’artistes professionnels.

Des étudiants et étudiantes jouent aussi, à leur manière, un rôle de «passeur», comme dans le cadre des visites-conversations au Musée des Augustins.

Acteur et spectateur

De fait, nombre de celles et ceux qui ne fréquentent pas les lieux de culture pratiquent ou souhaitent pratiquer un art.

La pratique artistique, dans le cadre d’ateliers institués par un service universitaire ou par le biais d’associations étudiantes, est une autre manière d’accéder à la culture, et de se l’approprier.

Mais la pratique se fait en petit nombre et dans certains domaines où la demande est forte, les places se remplissent vite. Par ailleurs, les capacités des établissements sont limitées par des contraintes d’horaires et de lieu.

Il parait primordial de continuer à développer et à diversifier l’offre de pratique, afin de toucher un public plus large, et d’envisager, par des partenariats ou des mutualisations au sein de l’enseignement supérieur, des alternatives aux manques d’espaces.

Découvrez les thématiques et le plan d’actions du nouveau schéma

Le plan d’actions : les objectifs et réalisations

Le temps des étudiants est de plus en plus concentré, la place dédiée aux pratiques culturelles de plus en plus réduite. Les demi-journées banalisées, propices aux activités libres, n’ont plus cours dans les grands établissements et sont de plus en plus rognées dans les petits. Face à l’obstacle du temps, la culture pourrait être intégrée davantage aux enseignements.

Cependant le problème du temps n’expliquant pas tout, se pose la question de l’intérêt et de l’envie. Valoriser l’engagement dans la pratique artistique permettrait de donner une place à l’activité culturelle dans le temps des études.

Banaliser la pratique culturelle

  • Mettre en place des temps banalisés dédiés à des activités culturelles et artistiques des étudiants, de manière régulière ou lors d’évènements dédiés comme les Journées des arts et de la culture dans l’enseignement supérieur.

Intégrer davantage la culture aux enseignements

  • Mettre en place une UE d’ouverture facultative ou obligatoire.

Valoriser l’engagement culturel et artistique

  • Mettre en place une bonification.

La grande hétérogénéité des tarifications étudiantes et le caractère pléthorique de l’offre ont pour effet de noyer l’étudiant sous les opportunités qui s’offrent à lui.

Afin de rendre plus visible et accessible l’offre culturelle du campus et du territoire, il apparaît nécessaire de développer des synergies avec les acteurs institutionnels et associatifs du territoire pour coordonner l’information et donner des repères aux étudiants.

Rendre l’offre culturelle plus visible

  • Transmettre l’information en s’appuyant sur les nouveaux services numériques (exemple développer une application).
  • Dédier des espaces (affichage, web) à la valorisation des actions culturelles.

Rendre l’offre culturelle économiquement plus accessible

  • Mettre en place d’autres opportunités tarifaires (exemple : tarif spécifique U2J au théâtre Garonne).

Orienter, donner des repères aux étudiants

  • Orienter par des prescriptions, des choix de manifestations.
  • Organiser des événements fédérateurs.

Poser une programmation, aussi pertinente soit-elle, et attendre que le public vienne, est aléatoire : il faut accompagner pour donner envie. Pour agir sur les obstacles symboliques liés aux œuvres et aux institutions culturelles, le curseur doit être placé du côté de la médiation, de la pratique artistique mais aussi de modalités de programmation propres à casser les routines et à provoquer la curiosité.

Développer la médiation de pair à pair, d’enseignant à étudiant

  • Développer et faire circuler entre établissements, y compris entre Toulouse et région, des médiations artistiques d’étudiant à étudiant.
  • Développer et pérenniser le relais d’information par l’enseignant.

Développer la médiation professionnelle

  • Mettre en place des résidences artistiques dans les campus.
  • Confronter l’étudiant à la démarche de l’artiste (discussions, conférences, Master-class…)
  • Organiser des rencontres au sein des institutions culturelles.

Développer la pratique artistique

  • Augmenter et diversifier l’offre d’ateliers de pratique artistique.

Proposer de nouveaux concepts de sortie culturelle

  • Lutter contre l’auto-censure des étudiants par des sorties accompagnées ou des « sorties-surprises »

Donner des outils aux acteurs de la culture à l’université

  • Organiser des séminaires sur les modes de sensibilisation à l’art.

Le constat demeure d’une forte inégalité dans le territoire, du fait que les sites universitaires en région n’ont pas de référent identifié pour la culture. Le développement de la diffusion culturelle dans le territoire est identifié comme une priorité pour l’UT2J qui, au cours de l’année 2019-2020, a dédié un budget CVEC à ce volet.

Pour les acteurs culturels des villes universitaires d’équilibre, la mise en place de partenariat avec ces établissements est conditionnée par l’existence, au sein de l’établissement, d’un référent disponible et pérenne pour la culture. 

Dans les établissements des VUE : dédier du temps de travail au montage de projets culturels

  • Nommer une personne-relais (personnel administratif, enseignant, bibliothécaire, étudiant en service civique, association…).

Pour aller plus loin

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